Le petit lapin |
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Il était une fois un petit lapin. Il vivait avec son papa, sa maman et avec beaucoup de frères et sœurs. La maman leur interdisait de sortir du terrier: qui sait ce qui pourrait leur arriver dehors. Croiser un renard, un chasseur ? Et elle avait très peur de la grande route. Tous les frères et sœurs du petit lapin ne faisaient jamais de bêtises et obéissaient bien à leurs parents. Mais le petit lapin était téméraire… et surtout très curieux. Un jour, il est parti au petit matin explorer ce monde inconnu. Quel bonheur que cette liberté. Mais il n’était pas très rassuré! Soudain, il entendit des chiens au loin. Se rappelant des histoires «à faire peur» que ses parents lui racontaient, il se cacha dans les fourrés. Un étrange bipède passa juste à côté de lui. Par chance, le petit lapin ne se fit pas remarquer. Pendant ce temps, dans le terrier, toute la famille se réveillait. La maman sursauta: il manquait un petit à l’appel! Très vite, le papa se mit à fouiller les alentours. Pendant ce temps, le petit lapin poursuit son aventure. Droit devant, il aperçoit un grand renard. Avec tout ce que ses parents lui ont raconté, il est terrorisé. Tapis dans l’ombre, il voit alors non pas un mais quatre renards. En fait, c’est une maman renard qui joue avec ses petits, devant le terrier. Le petit lapin pense alors que, finalement, les familles renard ne sont pas si différentes des familles lapin. Mais, courageux sans être téméraire, il préfère poursuivre son chemin sans se faire remarquer. Après avoir inspecté les abords du terrier, le papa lapin commence lui aussi à s’inquiéter. Il décide de prendre les choses en main. La maman restera à la maison avec les petits pendant qu’il partira à la recherche du petit lapin. Le petit lapin quant à lui se retrouva face à un curieux spectacle. Il vit des engins non identifiés passer à toute allure devant lui. Ils circulaient sur une sorte de tapis noir, très dur, brûlant les pattes et sentant mauvais. C’était la première fois qu’il voyait une chose pareille. Il longea cette tranchée dans la forêt, espérant trouver un endroit pour traverser… Le papa lapin se rendit directement près de la grande route. Il avait bien entendu les chasseurs au loin, et croisé des renards, mais il savait que le petit lapin s’en serait méfié. Par contre, il ne pouvait rien contre les voitures. Le petit lapin voulait absolument continuer son périple et découvrir ce qui se trouvait derrière cette frontière goudronnée, que nul n’avait jamais franchie. Enfin, il arriva devant un tunnel qui passait sous la route. Il se dit qu’il existait donc quelques bipèdes pour penser aux petits lapins comme lui. C’est alors que le papa lapin trouva son fils devant le tunnel, prêt à poursuivre ses aventures. En voyant son papa, le petit lapin était un peu honteux, et avait peur de se faire gronder. Mais il était très heureux de voir son papa, et de se sentir en sécurité à ses côtés. Mais le papa ne gronda pas son petit lapin. Il était trop content de le retrouver. Il lui demanda comment il était arrivé jusqu’ici. Le petit lapin lui raconta tout son périple et lui expliqua qu’il voulait découvrir ce qui se trouvait derrière la route. Le papa n’était pas rassuré. Personne n’était jamais revenu de l’autre côté. Mais comme jamais personne n’avait encore trouvé ce nouveau tunnel, et qu’il était très fier de son fils, il décida de l’accompagner. La curiosité était plus forte que la peur. Arrivés tous deux de l’autre côté, ils découvrirent un panneau «Réserve naturelle. Chasse interdite». Très étonnés, ils s’avancèrent dans cette forêt. Elle était magnifique: de grands arbres, de bonnes herbes, plein de fleurs. Et tellement calme, si paisible. Ils rencontrèrent de nombreux animaux. Ils ignoraient tous l’existence des bipèdes à fusils. Les renards vivaient parmi eux sans être haïs car ils avaient leur place ici et n’étaient jamais cruels. Le papa et le petit lapin se regardèrent soudain, ils eurent la même idée: aller chercher toute la famille et s’installer ici! La maman lapin avait les larmes aux yeux: elle retrouvait son petit . Elle non plus, elle ne le gronda pas. C’était bel et bien grâce au petit lapin que la famille pouvait maintenant vivre à l’abri des dangers et que les plus petits pouvaient gambader en toute liberté. Aucun lapin, petit ou grand, n’eut plus jamais envie de retourner de l’autre côté de la route. Ici, on est trop bien. On y reste!
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