Mon frère est un tueur

 
Sexisme et spécisme dans la littérature enfantine (Takenokodôji)

En vain l’ai-je nié, mon frère est un tueur,
Aucun rire enjôleur, ne m’en fera douter.

Je le vois égorger, celui qu’il a nourri,
Dépecer ce petit, qu’il avait caressé.

Je le vois s’émouvoir, de tout ce sang versé,
Et puis recommencer, malgré les abattoirs.

Du sort de la gazelle, souvent il s’apitoie,
Mais bien plus que sa proie, le lion l’ensorcelle.

Epris de violence, la main sur le fusil,
A la chasse il occit, c’est là sa jouissance.

Ce n’est plus la saison ? Troquant ses oripeaux,
Je le vois au ruisseau, supplicier les poissons.

Certains s’insurgeront, crieront leur innocence,
Et puis, par complaisance, loueront le jambon.

Ecoutez-les parler, sans l’ombre d’un remord,
De l’art du matador, et d’animaux dressés.

Jamais il n’avouera, mais le sang le fascine,
Embrase ses narines, emplit son cœur de joie.

La vie bat dans ses veines, la mort dans sa sueur,
Allongé, il a peur; debout, il n’est que haine.

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